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10/05/2026 : Frais professionnels : forfait de 10 % ou frais réels, comment choisir pour votre déclaration 2026 ?

Un choix entre deux régimes fiscaux

Par défaut, l’administration fiscale applique automatiquement un abattement forfaitaire de 10% sur les traitements et salaires déclarés.

Cet abattement, plafonné à 13 522 € par personne pour les revenus 2025, comporte un montant minimum de 495 €. Il couvre l’ensemble des dépenses professionnelles courantes, sans aucun justificatif à produire.

À titre d’alternative, le contribuable peut opter pour la déduction des frais réels.

Cette option n’est avantageuse que si le total des frais professionnels engagés excède le montant de l’abattement forfaitaire.

À titre d’exemple, pour un salaire net imposable de 30 000 €, l’abattement représente 3 000 € : il faudra donc justifier de plus de 3 000 € de frais pour que l’option soit pertinente. Le choix s’exerce de manière individuelle au sein du foyer fiscal : un conjoint peut opter pour les frais réels tandis que l’autre conserve l’abattement forfaitaire.

 

Quels frais peut-on déduire au réel ?

 

La liste des dépenses déductibles est large mais strictement encadrée. Les principales catégories sont :

  • les frais de transport entre le domicile et le lieu de travail (jusqu’à 40 km par trajet sauf circonstances particulières justifiées) ;
  • les frais de repas supplémentaires, lorsque le salarié ne peut rentrer déjeuner à son domicile ;
  • les frais de double résidence imposés par des contraintes professionnelles ;
  • les frais de formation liés à l’activité professionnelle ;
  • les frais de documentation, vêtements professionnels spécifiques et matériel nécessaires à l’exercice du métier.

 

Le barème kilométrique 2026 : un outil central, gelé pour la 3ᵉ année

 

Pour les salariés utilisant leur véhicule personnel pour leurs trajets professionnels, le barème kilométrique publié par la DGFiP permet d’évaluer forfaitairement les frais de déplacement. Il intègre la dépréciation du véhicule, l’entretien, le carburant, les pneumatiques et l’assurance. Il ne couvre en revanche ni les frais de péage, ni les frais de stationnement, ni les intérêts d’emprunt liés à l’acquisition du véhicule, lesquels peuvent s’ajouter sur justificatifs.

Pour la déclaration 2026 portant sur les revenus 2025, le barème reste inchangé pour la troisième année consécutive, après la dernière revalorisation de 5,4 % intervenue en 2023. Il est structuré par puissance fiscale du véhicule (de 3 CV à 7 CV et plus) et par tranches kilométriques (jusqu’à 5 000 km, de 5 001 à 20 000 km, au-delà de 20 000 km).

Une majoration de 20 % est appliquée pour les véhicules 100 % électriques.

Exemple : pour 4 000 km parcourus à titre professionnel en 2025 avec un véhicule de 5 CV, la déduction s’élève à 2 544 € (4 000 × 0,636).

 

Télétravail : un régime fiscal de faveur reconduit

 

Le régime de faveur instauré en 2020 est reconduit pour les revenus 2025.

L’allocation forfaitaire versée par l’employeur pour couvrir les frais de télétravail à domicile est exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite de 2,70 € par jour, 59,40 € par mois et 626€ par an.

Le salaire prérempli sur la déclaration ne tient en principe pas compte de cette allocation exonérée.

L’employeur ne transmet pas cette information à l’administration fiscale.

Le salarié n’ayant perçu aucune allocation peut, s’il opte pour les frais réels, déduire forfaitairement ses frais de télétravail à hauteur des mêmes plafonds, sans justificatif détaillé.

S’il estime que ses dépenses réelles (quote-part de loyer, électricité, abonnement internet, mobilier, matériel informatique) excèdent ce forfait, il peut les déduire pour leur montant exact, à condition de les justifier précisément.

 

Les obligations probatoires : un point de vigilance

L’option pour les frais réels emporte une obligation de conservation des justificatifs pendant le délai de reprise de l’administration, soit trois ans. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, les pièces doivent être conservées au moins jusqu’au 31 décembre 2029. Sont concernés : factures, tickets de péage, relevés détaillés de trajets, carte grise, factures d’entretien mentionnant le kilométrage, quittances, contrats, etc.

L’utilisation du barème kilométrique ne dispense pas le contribuable d’apporter la preuve de la réalité, du caractère professionnel et de la nécessité de ses déplacements.

À défaut de justification suffisante, le contrôle fiscal aboutit à un redressement avec intérêts de retard et, le cas échéant, majorations.

 

En pratique : faut-il opter pour les frais réels ?

L’option est généralement profitable aux salariés modestes effectuant de longs trajets domicile-travail, aux propriétaires d’un véhicule électrique, ainsi qu’aux télétravailleurs supportant des charges importantes non compensées par l’employeur.

Elle suppose toutefois une rigueur documentaire que tout salarié doit anticiper dès le 1ᵉʳ janvier en archivant méthodiquement ses justificatifs.

 

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