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20/04/2026 : Droit de visite et jour férié : que deviennent les week-ends prolongés ? Le cas concret des ponts de mai 2026

Le mois de mai 2026 s’annonce exceptionnel : quatre jours fériés tombent un vendredi, un jeudi ou un lundi, multipliant les week-ends prolongés et les « ponts ». Pour les parents séparés ou divorcés, cette configuration soulève une question récurrente dans mon cabinet à Valenciennes : le parent qui exerce son droit de visite et d’hébergement le week-end bénéficie-t-il aussi du jour férié accolé ?

La réponse tient en deux principes simples, qu’il faut toujours appliquer dans cet ordre :

  1. Se référer en priorité au jugement ou à la convention parentale homologuée.
  2. À défaut de précision, s’entendre avec l’autre parent, avec une seule boussole : l’intérêt de l’enfant.

 

 

Rappel : qu’est-ce que le droit de visite et d’hébergement (DVH) ?

Lorsque la résidence habituelle de l’enfant est fixée chez l’un des parents, l’autre parent — qualifié de « parent non-gardien » — bénéficie d’un droit de visite et d’hébergement, régi par les articles 373-2 et suivants du Code civil. La formule la plus classique, entérinée par le Juge aux Affaires Familiales (JAF), est celle dite « classique » : les fins de semaine paires ou impaires, ainsi que la moitié des vacances scolaires.

Un week-end type s’entend généralement du vendredi sortie des classes ou fin de journée 18 ou 19 h au dimanche soir 18h ou 19h (ou au lundi matin rentrée des classes, selon les décisions). Mais que se passe-t-il lorsqu’un jour férié vient s’accoler à ce week-end ?

 

Première règle d’or : toujours relire son jugement

 Avant toute discussion, la première chose à faire est de relire attentivement votre jugement de divorce, votre ordonnance du JAF ou votre convention parentale homologuée. C’est ce document — et lui seul — qui fixe les règles applicables à votre situation.

Certaines décisions sont très précises et prévoient expressément que les jours fériés accolés au week-end sont automatiquement inclus dans la période de DVH du parent qui exerce son droit.

Si votre jugement contient une clause claire, elle s’impose à tous : il n’y a pas de discussion possible. Le parent qui s’en écarterait, même pour une seule journée, s’exposerait à des poursuites pour non-représentation d’enfant (article 227-5 du Code pénal).

 

 Deuxième règle d’or : en l’absence de précision, l’accord amiable prime — dans l’intérêt de l’enfant

En pratique, de nombreux jugements restent silencieux sur le sort des jours fériés et des ponts. Dans ce cas, aucune règle automatique ne s’impose. Une pratique jurisprudentielle tend certes à considérer que le jour férié accolé au week-end suit le sort du week-end, mais ce n’est qu’une tendance, pas une obligation.

La solution la plus sage, et de très loin la plus recommandable, est donc de s’entendre avec l’autre parent, avec une seule et unique exigence : l’intérêt de l’enfant.

 Mon conseil : formalisez toujours ces accords par écrit (SMS, courriel). En cas de contestation ultérieure, vous disposerez d’une preuve de l’accord donné par l’autre parent.

 

 

 Les ponts de mai 2026 : cas concrets pour les parents séparés

Voyons comment ces principes s’appliquent aux quatre jours fériés de mai 2026.

 

➤ Vendredi 1er mai 2026 (Fête du Travail)

Le 1er mai tombe un vendredi férié et chômé obligatoirement.

Si le week-end revient au parent non-gardien et que le jugement étend son droit de visite au jour férié accolé, le parent non-gardien prendra son enfant dès le jeudi 30 avril au soir (sortie des classes), pour un séjour jusqu’au dimanche 3 mai au soir.

Si le jugement est silencieux sur le sort du jour férié, le parent non-gardien prendra en charge l’enfant le vendredi soir comme de coutume sauf accord autre entre les parents qui est ici à privilégier avec un seul critère de décision : l’intérêt de l’enfant.

 

➤ Vendredi 8 mai 2026 (Victoire 1945)

Configuration identique : vendredi férié = week-end prolongé. En l’absence de mention dans le jugement, j’encourage les parents à s’accorder pour un séjour du jeudi 7 mai au soir au dimanche 10 mai.

 

➤ Jeudi 14 mai 2026 (Ascension) + pont du vendredi 15 mai

C’est le cas le plus épineux. L’Ascension tombe un jeudi, suivi d’un vendredi fréquemment ponté par les écoles. Si le week-end suivant (16-17 mai) est attribué au parent non-gardien, il revient aux parents de s’entendre sur le sort du jeudi férié et du vendredi ponté. Ici plus qu’ailleurs, l’accord écrit préalable est indispensable : le silence du jugement est quasi systématique sur ce type de configuration.

 

➤ Lundi 25 mai 2026 (Pentecôte)

Si le week-end des 23-24 mai revient au parent non-gardien, la pratique envisagée bien souvent dans les jugements consiste à prolonger le séjour jusqu’au lundi de Pentecôte au soir, voire au mardi matin rentrée des classes.

 

 

Comment sécuriser durablement vos week-ends prolongés ?

Pour éviter que la question ne se repose chaque année, je recommande à mes clients de faire rédiger (ou modifier) leur convention parentale avec une clause explicite, par exemple :

 « Le droit de visite et d’hébergement s’exerçant le week-end inclut automatiquement tout jour férié immédiatement accolé (vendredi précédent ou lundi suivant), ainsi que le jour de pont éventuellement chômé par l’établissement scolaire. »

Une telle clause, homologuée par le JAF, met fin aux ambiguïtés et protège durablement le temps passé avec votre enfant.

 

Conclusion

Les ponts de mai 2026 sont une excellente occasion de relire votre jugement et, si celui-ci est silencieux, de formaliser par écrit un accord avec l’autre parent. Gardez toujours à l’esprit les deux règles d’or : le jugement et surtout l’intérêt de l’enfant. Tout le reste n’est qu’organisation pratique.

 

Vous êtes parent séparé ou divorcé à Valenciennes ou dans les Hauts-de-France, et vous rencontrez une difficulté sur l’organisation des week-ends prolongés ?

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