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25/01/2026 : Transparence salariale 2026 : ce que les PME doivent savoir pour se préparer

L’année 2026 marque une étape importante en matière de transparence salariale en France. La transposition de la directive européenne sur l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes (directive 2023/970) renforce les obligations des employeurs, y compris des petites et moyennes entreprises.

 

Un cadre européen qui s’impose aux employeurs

La directive européenne sur la transparence salariale vise à garantir une rémunération égale pour un travail de valeur égale entre femmes et hommes. Elle impose notamment des obligations d’information, de publication et de justification des écarts de salaires. En France, cette directive doit être transposée d’ici l’été 2026, ce qui implique une adaptation du Code du travail et des pratiques des entreprises.

Pour les PME, l’impact sera direct dès lors qu’elles atteignent un certain effectif (autour de 50 salariés, seuil souvent retenu dans les textes européens).

Même en dessous de ce seuil, les règles existantes en matière d’égalité professionnelle, notamment l’Index égalité professionnelle, continuent de s’appliquer et se trouvent renforcées par cette nouvelle approche.

 

Ce qui change concrètement pour les PME

 

La transparence salariale se traduit par plusieurs obligations nouvelles ou renforcées :

  • Obligation d’information des salariés: les employeurs devront fournir davantage d’informations sur la manière dont les salaires sont fixés, y compris les critères d’évolution (ancienneté, compétences, responsabilités, etc.).
  • Publication d’écarts de salaires: au‑delà d’un certain effectif, les entreprises devront publier des indicateurs sur les écarts de rémunération entre femmes et hommes, avec une analyse des causes et des mesures correctrices.
  • Justification des écarts: en cas d’écart de salaire entre un homme et une femme occupant un poste de valeur égale, l’employeur devra être en mesure de le justifier par des critères objectifs et non discriminatoires.

Pour une PME, ces obligations impliquent de revoir ses pratiques de fixation et d’évolution des salaires, ainsi que la manière dont ces règles sont formalisées (fiches de poste, grilles de salaires, accords d’entreprise, etc.).

 

Les risques juridiques pour les dirigeants

L’absence de transparence ou des écarts non justifiés exposent l’entreprise à plusieurs risques :

  • Contentieux en matière de discrimination: un salarié peut saisir le conseil de prud’hommes en cas de soupçon d’inégalité de traitement. En cas de discrimination avérée, l’employeur s’expose à des dommages‑intérêts, voire à des sanctions pécuniaires.
  • Intervention des représentants du personnel: le CSE ou les délégués du personnel disposent d’un droit d’alerte et de consultation sur les questions d’égalité salariale. Une absence de dialogue ou de données fiables peut alimenter des tensions sociales.
  • Risques réputationnels: la publication des écarts de salaires peut être médiatisée, ce qui peut affecter l’image de l’entreprise auprès des clients, des partenaires et des candidats à l’embauche.

Dans ce contexte, une approche préventive, encadrée par un avocat en droit social, permet de sécuriser les décisions prises en matière de rémunération.

 

Comment se préparer dès maintenant?

La mise en conformité ne se fait pas en une seule mesure. Elle passe par plusieurs étapes clés :

  • Audit interne de la rémunération: analyser les grilles de salaires, les fiches de poste et les critères d’évolution pour identifier d’éventuels écarts injustifiés.
  • Formalisation des règles: documenter clairement les critères de fixation et d’évolution des salaires, afin de pouvoir les justifier en cas de contrôle ou de litige.
  • Mise à jour des accords et de la politique RH: adapter les accords d’entreprise, la charte de valeurs ou la politique de rémunération pour intégrer les exigences de transparence.
  • Dialogue avec le CSE: anticiper les échanges avec les représentants du personnel en présentant les données de manière pédagogique et en expliquant les actions correctrices envisagées.

Enfin, il est recommandé de former les managers et les RH à ces nouvelles exigences, afin qu’ils comprennent l’importance de la cohérence et de la justification de chaque décision de salaire.

 

Un enjeu de prévention autant que de conformité

La transparence salariale ne doit pas être perçue uniquement comme une contrainte administrative.

Elle constitue aussi un levier de performance : une politique de rémunération claire, équitable et compréhensible favorise la motivation des salariés, réduit les risques de conflits internes et renforce l’attractivité de l’entreprise.

En accompagnant les dirigeants dans la mise en place de dispositifs adaptés, un cabinet d’avocats en droit social joue un rôle central : sécuriser juridiquement les décisions, anticiper les risques et aider les entreprises à transformer une obligation réglementaire en véritable avantage concurrentiel.

En 2026, la transparence salariale n’est plus une option, mais un enjeu de gestion quotidienne. Pour les PME, anticiper ce changement, c’est choisir la prévention plutôt que le contentieux.

 

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