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10/07/2026 : « Workation » : peut-on vraiment télétravailler depuis son lieu de vacances ?

 

Travailler le matin face à la mer, profiter de l’après-midi en famille : le « workation » (contraction de work et vacation) séduit de plus en plus de salariés.

L’idée est simple : continuer à télétravailler, mais depuis un lieu de vacances plutôt que depuis son domicile.

Derrière la carte postale, la pratique soulève toutefois de vraies questions juridiques. Voici ce qu’il faut savoir avant de boucler sa valise.

 

Le workation est-il un droit ?

 

Non. Aucun texte ne consacre un droit au workation.

Le télétravail repose en France sur un accord : il est mis en place par un accord collectif, une charte d’entreprise ou un simple accord entre le salarié et l’employeur.

Travailler depuis un autre lieu que celui prévu suppose donc l’accord de votre employeur, qui reste libre de l’accepter ou de le refuser.

Partir « en douce » et travailler depuis un lieu non déclaré n’est jamais une bonne idée : cela peut vous exposer, vous et votre entreprise, à de réels risques.

 

En France : simple, mais à formaliser

 

Télétravailler quelques jours depuis votre maison de vacances en France ne change presque rien à votre situation. Votre contrat, votre rémunération, votre convention collective et votre protection sociale restent les mêmes.

Un point reste essentiel : formaliser le lieu et la période par écrit (mail, avenant, validation managériale).

En cas de chute ou de malaise pendant vos heures de travail, l’accident survenu en télétravail est en principe présumé être un accident du travail.

Mais si l’employeur ignore d’où vous travaillez réellement, cette reconnaissance peut être contestée.

Mieux vaut donc que votre lieu de télétravail soit connu et accepté.

 

À l’étranger : la vigilance s’impose

 

C’est là que tout se complique. Télétravailler depuis l’étranger, même quelques semaines, soulève plusieurs questions :

 

  • Sécurité sociale : pour un séjour ponctuel au sein de l’Union européenne, vous restez en principe affilié au régime français.
    • Au-delà d’une certaine durée, ou si vous exercez une part importante de votre activité dans votre pays de séjour, vous pourriez basculer vers le régime local.
  • Fiscalité : un séjour prolongé (souvent au-delà de six mois) peut faire de vous un résident fiscal du pays d’accueil.
  • Visa : travailler avec un simple visa touristique est illégal dans de nombreux pays. Certains ont créé des « visas nomade numérique » adaptés.
  • Accident du travail : sans lieu déclaré dans un avenant, la prise en charge d’un accident à l’étranger peut être refusée.

Là encore, l’accord écrit de l’employeur, précisant le pays, la durée et les conditions, est indispensable pour sécuriser la situation.

 

Vos droits ne disparaissent pas en vacances

 

Même en workation, vous restez salarié. Les durées maximales de travail, les temps de repos et votre droit à la déconnexion continuent de s’appliquer.

Le workation n’est pas un mélange permanent entre travail et congés : les jours travaillés sont des jours de travail, les jours de congé restent des congés protégés.

 

Bien préparer son workation

 

Avant de partir : obtenez l’accord écrit de votre employeur, vérifiez votre couverture (mutuelle, prévoyance, assurance), clarifiez vos horaires et, pour l’étranger, anticipez les questions sociales et fiscales.

 

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