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20/02/2026 : Congé supplémentaire de naissance 2026 : tout ce que les parents doivent savoir

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 crée un droit inédit : un congé supplémentaire de naissance pouvant atteindre deux mois pour chaque parent. Effectif dès le 1er juillet 2026, ce dispositif transforme en profondeur l’accompagnement des jeunes familles. Décryptage complet par votre avocat en droit de la famille. 

 

Un nouveau droit pour tous les parents 

 

Annoncé par le Président de la République dès janvier 2024 dans le cadre d’un plan de « réarmement démographique », le congé supplémentaire de naissance a été définitivement adopté par le Parlement le 16 décembre 2025.

Il répond à un double objectif : favoriser la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, et renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’accueil du jeune enfant.

Ce nouveau congé ne remplace aucun des dispositifs existants. Il vient s’ajouter au congé de maternité (16 semaines), au congé de paternité et d’accueil de l’enfant (25 jours calendaires, ou 32 en cas de naissances multiples), ainsi qu’au congé d’adoption. Concrètement, chaque parent peut désormais bénéficier d’un ou deux mois supplémentaires de congé indemnisé pour passer du temps auprès de son enfant durant ses premiers mois de vie.

 

Qui peut en bénéficier ?

 

Le congé supplémentaire de naissance s’adresse à l’ensemble des assurés actifs, quel que soit leur statut professionnel : salariés du secteur privé, travailleurs indépendants, fonctionnaires, militaires, agents contractuels de droit public, non-salariés agricoles ou encore assurés relevant de régimes spéciaux. Il concerne les deux parents, qui peuvent le prendre simultanément ou en alternance.

Pour y prétendre, il faut être parent d’un enfant né ou adopté à compter du 1er janvier 2026, ou dont la naissance était prévue à partir de cette date (en cas de prématurité). Les parents adoptants dont l’enfant est arrivé au foyer dès le 1er janvier 2026 sont également concernés.

Condition préalable importante : pour bénéficier du congé supplémentaire de naissance, chaque parent doit avoir préalablement pris l’intégralité de son congé de maternité, de paternité ou d’adoption.

 

Durée et modalités pratiques

 

Le congé offre une souplesse appréciable. Chaque parent choisit librement sa durée : un mois ou deux mois. Si la durée retenue est de deux mois, il est possible de fractionner le congé en deux périodes d’un mois non consécutives, ce qui permet de s’adapter aux contraintes familiales et professionnelles.

 

Délais à retenir :

 

  • Enfants nés à partir du 1er juillet 2026 : le congé doit être pris dans les 9 mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant au foyer. 

Ce délai est prolongé lorsque les congés légaux sont eux-mêmes allongés (naissances multiples, dispositions conventionnelles, etc.).

  • Enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 : le congé pourra être mobilisé dans un délai de 9 mois à compter du 1er juillet 2026, soit jusqu’au 31 mars 2027.
  • Prévenance de l’employeur : le parent salarié doit informer son employeur au moins 1 mois avant le début du congé, en précisant la date de début et la durée souhaitée. Ce délai est réduit à 15 jours lorsque le congé supplémentaire débute immédiatement après le congé de paternité ou d’adoption.

 

Quelle indemnisation ?

 

L’indemnisation, versée par la caisse primaire d’Assurance maladie (CPAM), est dégressive pour les salariés :

 

Période Taux d’indemnisation
1er mois de congé 70 % du salaire net antérieur
2e mois de congé 60 % du salaire net antérieur
Plafond 4 005 €/mois (plafond SS 2026)

 

Pour les travailleurs indépendants, l’indemnité journalière forfaitaire sera soumise à un abattement dans les mêmes proportions. Les décrets d’application, attendus dans les prochaines semaines, viendront préciser les modalités exactes de calcul et de versement.

 

Ce qu’il ne faut pas confondre

 

Le congé supplémentaire de naissance est un dispositif distinct du congé parental d’éducation. Les parents conservent la possibilité de recourir à la prestation partagée d’éducation de l’enfant, mais les deux ne sont pas cumulables simultanément. Ils peuvent en revanche être pris l’un après l’autre.

De même, l’indemnisation du congé supplémentaire de naissance ne peut pas être cumulée avec le complément libre choix du mode de garde au titre du même enfant, ni avec l’allocation journalière de présence parentale.

 

Impact sur l’exercice de l’autorité parentale

 

La possibilité offerte aux deux parents de prendre ce congé simultanément ou en alternance renforce le principe de coparentalité. Dans le cadre d’une séparation, ce congé peut constituer un argument supplémentaire en faveur d’une résidence alternée dès les premiers mois de l’enfant, le père pouvant démontrer un investissement concret dans les soins quotidiens du nourrisson.

 

Un déploiement accéléré mais encore incertain

 

Le gouvernement avait initialement envisagé une entrée en vigueur au 1er juillet 2027 pour laisser le temps aux employeurs et aux caisses de sécurité sociale d’adapter leurs systèmes d’information. L’Assemblée nationale a néanmoins avancé la date au 1er janvier 2026, contraignant l’administration à un déploiement accéléré.

En pratique, le dispositif sera effectivement mobilisable à compter du 1er juillet 2026, après publication des décrets d’application. Le ministère de la Santé a toutefois prévenu que cette mise en œuvre anticipée pourrait entraîner des délais d’indemnisation et une charge administrative plus lourde que prévu.

 

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